A faire tomber…

« Tantôt », c’est Paris-Roubaix. Je m’étais dit l’an passé que j’irai faire du vélo autour et jusqu’à Compiègne, pour assister au départ. Mais le Ventoux est désormais si proche – le 15 mai – qu’il faut bien commencer, un peu, à faire du vélo pour le vélo, plus qu’à faire du vélo pour le récit. Ce fut donc Vallée de Chevreuse, pour essayer de lâcher les chevaux et des watts. Le romantisme un jour doit bien céder au réalisme ! Mais chassez le naturel, il revient au galop. Et plus vite encore qu’on ne le pense.

Qu’on se le dise : une sortie en solitaire n’est pas une sortie en célibataire. On fait bien des rencontres à vélo, mais de là à se faire draguer… Des compliments sur mon niveau ? Ma position sur le vélo que l’on trouve impeccable ? Un changement d’itinéraire pour m’accompagner ? En direction des Molières, on m’a rejoué Dom Juan. Le cuissard « Aéroports de Paris » de mon passager pouvait littéralement donner envie de s’envoler. Heureusement, Chadernos de Laclos n’a pas créé le personnage de la marquise de « Breteuil », Château non loin duquel nous passions à ce moment-là. Nos liaisons n’étaient pas dangereuses. Nous nous avons simplement roulé ensemble, à un rythme proche, chacun prenant des relais efficaces et respectueux. Ouf.

Il fut aussi, pour enfoncer le clou, question de retrouvailles. Les premières, avec Strava, furent davantage technologiques que sentimentales. Nous nous étions essayés l’un l’autre déjà, sans réussir à nous apprivoiser. J’ai longtemps résisté. Ses ondes, disais-je avec raison, me faisaient captifs en plein moment de liberté. J’ai fini par céder et m’irradier de ses charmes. Les secondes retrouvailles, avec la côte des 17 tournants, sont géographiques et sportives. 8 minutes et quelques jusqu’au rond-point, me dit Strava, douche non comprise. Que voulez-vous, il faut souffrir, pour plaire et être beau. J’ai décollé sur la balance, mais pas encore dans les montées.

Ma rêverie connut, en fin de parcours, dans la côte de Villiers-le-Bâcle, son apogée. Sur la gauche, un château. On aurait dit un château bavarois. C’était celui de Cendrillon ou son portrait craché. En haut, une princesse est à délivrer. Les princes roulants sont nombreux. La concurrence est rude et sans pitié. En forme après 60 km, je décide d’accélérer, malgré la pente, pour finir l’étape en beauté. En danseuse puis assis sur mon vélo, le souffle est cadencé, mais il est fort. Un malheureux en train d’être doublé m’entend arriver, se retourne dans ma direction et m’observe prendre le dessus. Oubliant de pédaler donc perdant l’équilibre, il chute sur le côté. Mon simple souffle a fait chuter un prétendant ! Ascendance psychologique certaine qui donne des forces et fait bomber le torse ! Sa chute était de ma faute : j’ai perturbé son ascension car il m’a regardé. Oui, bon, si on veut. En vrai, je n’y étais strictement pour rien. Alors que lui dire ? Le temps de me décider, j’étais trop loin et ses complices autour de lui. Mieux valait réussir alors à fuir et ne pas se faire rattraper. J’entamai alors un sprint jusqu’au sommet, pour rejoindre le chevalier suivant qui, même si elle se réduisait, conserva encore un peu de son avance au sommet. Je finis toutefois trop près de lui pour être considéré comme distancé.

Très vite, sur la baroudeur de Saint-Aubin, à l’approche de Saclay, me voilà seul. J’aperçois la voiture. Je descends de monture. Je change de souliers. J’appelle les seules princesses qui vaillent. Je rentre à la maison.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Nataliefolan |
Suivrelebasket |
ON-LINE News channel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Tennis1
| Vital Aspects Of Learn Engl...
| Earjerseyqq106