Foncier gourmand

Je fais, parce que j’aime cela, du vélo tout un plat. Il faudrait même aller jusqu’à écrire l’édition spéciale du Gault et Millau, le Gaul et Moreau. On y trouverait les meilleures présentations et recommandations. Quatre critères seraient définis.

1) L’équipe en cuisine 
Les grands chefs ont toujours leur brigade. Il y a les porteurs d’eau et ceux, lieutenants, qui aux leaders – ou aux moins bons, ceux-là sont élégants, j’en connais – servent les plats. Les toques, pour raisons de sécurité (lors des passages sous les tunnels essentiellement), ont été remplacées par les casques. On trouve chez certains distingués toutefois le même liseré bleu blanc rouge – bleu blanc route – sur leur col, leurs manches ou leur poitrine. Ils sont nos meilleurs ouvriers. Tous partagent la quête d’étoiles.

2) L’emplacement
Comme les routiers s’y connaissent en adresses, beaucoup rêvent d’ouvrir leur enseigne, en juillet, sur les Champs Elysées. Ils en ont le droit. Durant trois semaines, chaque été, les plus grands étudient, à distance donc avec recul, imitant deux célèbres gaulois, mille spécialités locales. Problème : comment fait-on quand le Tour part d’Angleterre… ? Il en faut, cela dit, pour tous les appétits. Et toutes les soifs, apéritives à l’Amstel Gold Race, digestives couleur café â l’arrivée à Liège. Encore trop peu de résultats, je ne suis donc pas en mesure de monter mon affaire. Mais en y réfléchissant bien, je gare bien après chaque sortie mon vélo dans une cave. C’est un bon début.

3) La rapidité du service
Cuistos et minuteries, coureurs et compteurs : chacun a son rythme de cuisson. Les amateurs du dimanche savent cela comme les professionnels : il faut finir rôti, pas cramé. Le tout est d’éviter les mauvaises casseroles, car dans le peloton depuis 100 ans comme en France depuis 300, on a essayé tous les régimes, parfois les pires. Dans notre pays heureusement, ceux qui dérogent à leur propre hygiène et à celle de leur sport, ne sont plus mangés à la même sauce.

4) Alimentation de saison
Enfin, le cyclisme est une science culinaire qui, si on la veut authentique, ne se conçoit et se pratique qu’avec des produits de saison. Il y a ceux qui ne mangeront plus de cerise en hiver. Et ceux qui rongeront leur frein et moulineront plus longtemps. Christian, référence du club, ancien pro chez « Flandria » puis chez « La Redoute-Motobecane » à la toute fin des années 1970, n’a pas à ce sujet d’autres mots que ceux de l’évidence. Une bonne fois pour toutes, bordel, on ne roule pas pareil l’hiver que l’été ! « Dans vos dictionnaires les gars, vous avez arraché la page au mot « foncier » ou quoi ? » On ne chauffe pas nos muscles à même température. C’est contre-nature, contre-saison et de mauvais goût. En côte, une crème de vent fouetté se monte à 19. Et en plaine, il faut revenir à feu doux, à 25, pas plus. J’ai écouté et appliqué, trop heureux de tenir une bonne raison de ne pas accélérer…

Je signerais cette ébauche d’ouvrage de là où l’idée est née, direction Vexin, traversant à l’aller et au retour le marché d’Auvers-sur-Oise. Il faisait trop froid pour sentir au loin les poulets tourner et griller. Les plats repasseront. Ils repassent toujours. J’en salive déjà.

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