Après Paris-Tours, c’est à 9h00.

Moi qui fais, outre l’hiver, la plupart du temps mes sorties désespérément seul, pouvez-vous imaginer ce que ce fut de se retrouver dans un peloton de 70 gars et casques, de 90 bidons et pâtes d’amande, de 140 roues et gants, de partir aux culs d’Eric Gibeaux qui a donné son nom à ce groupe dominical et de Monsieur Lemoine, le papa de Cyril, pour s’assurer un train régulier mais moins rapide et haché qu’à l’arrière où au premier virage et village ils feront l’ »élastique », de les voir soudain après une quinzaine de kilomètres se décaler vers la droite de la chaussée et se laisser remonter, de se retrouver alors, avec Pierre Jacky qui fut mon sergent instructeur tout du long, à mener l’espace de quelques instants, en tête du peloton, avec tous ces mecs derrière qui te suivent, te considèrent comme l’un d’entre eux et ignorent que c’est ta première fois à 70, de se laisser ensuite soi-même remonter, de voir 68 vélos te dépasser par la gauche, 5 secondes, 10 secondes, 30 secondes, 1 minute, 2 minutes, 3 minutes, punaise j’ai beau tourner la tête pour la quatrième fois il y en a encore, puis, lorsque les derniers sont passés, de relancer pour reprendre le rythme et recoller, de s’apercevoir alors que Pierre avait raison, que le compteur inscrit près de 40 km/h alors que ceux de devant doivent « afficher » 32 ou 34, de sentir le vent tandis que tous ces vélos devant toi sont censés pensais-je t’en protéger, de couper ton premier rond-point comme à la télé parce que nous sommes en pleine campagne et que les « c’est bon ! » ramenés de la proue par le vent te rassurent, de relancer encore, de prendre une succession de virages en chicane où tu vois comme jamais les courants et les méandres de ce fleuve humain, de relancer toujours après chacun d’eux, de trouver la première côte, de relancer pour la passer en gardant ce rythme, de prendre un coup de vent à la sortie d’un grand rond-point franchi on ne peut plus dans les règles cette fois-ci mais sacrément exposé, d’être pris au piège de la cassure, de se planquer comme pas possible dans les roues pour revenir, de voir qu’une fois la jonction faite c’est une deuxième côte qui t’attend, de regarder ton compteur et de voir que cela va trop vite pour toi mais de ne pas vouloir lâcher cette marée cycliste devant toi, de s’apercevoir qu’un gars te pousse pour t’aider et te gueule « Embraye ! », de descendre alors une dent, de se retrouver dans une commune de nouveau « au chaud » en queue de peloton, de s’apercevoir que cela fait 50 kilomètres que cela tient, 50 kilomètres que je retiens mon souffle, 50 km de peur bleue car je m’étais préparé à l’idée que cela pourrait ne durer que 5 kilomètres, 50 kilomètres mais pas plus car un petit groupe « coupe » et nous coupons avec eux ? Le boulot était fait, n’en croyant pas mes yeux. Nous sommes rentrés tranquillement et seuls. Le groupe qui a continué nous a rattrapés sur la fin. Il se réunit chaque dimanche devant le pont de fil sur les bords de la Loire à Tours. Avant Paris-Tours, il se retrouve à 8h30. Après Paris-Tours, c’est à 9h00.

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