U Giru di Corsica (1/2)

Après un concert de chant polyphonique corse la veille dans une « cathédrale » de village, cette première étape de ce que l’on appelle entre nous le « Tour de Corse » – tout au plus deux sorties programmées durant une semaine de vacances – ne devait pas manquer de souffle. Le chant est une question de respiration et le vélo d’aspiration. Elevé au rang d’art, c’est-à-dire à la télévision, il témoigne parfois d’inspiration.

Les notes comme les bosses, d’abord, il faut les monter et les descendre. Cette étape, près de 50 kilomètres, est, pour monter en gamme, celle de mon premier col : le col de San Stefano, Bocca di San Stefanu, montant à 368 mètres d’altitude, durant une dizaine de kilomètres, dans la roue de Pierre Jacky qui dessine les parcours et ouvre la route. On grimpe son premier col comme on marque en Top 14 ou en Ligue 1 son premier essai ou son premier but. Ce n’est pas la manière qui compte, juste le résultat. Il sera pour toujours dans notre escarcelle. Notre nom sera administrativement dans les tablettes de la saison. On ne la terminera pas bredouille, d’autant qu’en ouvrant le tableau de marque, cela appelle d’autres réalisations. Pas plus tard qu’en fin d’étape, après 10 bons kilomètres de descente dans la forêt, nouvelle ascension, sur quelques kilomètres seulement qui ne font donc pas un col, mais offrent une scène corse comme dans les films. La musique pourrait être de Sergio Leone. Le paysage est aride. L’ombre et la forêt ont cédé la place aux cailloux et aux arbustes jaunis par le soleil ou noircis par les incendies. Sur le bord de la route, une carcasse de voiture on ne peut plus désossée et cramée. Est-ce que mon guidon est un fusil ? Quand la Corse prend des allures de Nouveau-Mexique. Quand Saint-Florent indique la direction de Santa Fe.

Le chanteur comme le rouleur, ensuite, ont parfois un public, mais dans notre cas les applaudissements ne sont que des encouragements, pas des sacrements. Partant tôt pour devancer les grandes chaleurs, la foule est plus maigre que lors du concert de la soirée dernière où tous les bancs de la chapelle, pardon de l’église, pardon de la cathédrale, étaient remplis. Au total nous concernant : un élevage de brebis bêlant à notre passage puis deux chiens courant le long de la route en se chamaillant. Les commentateurs de France Télévisions ont-ils demandé en direct à l’antenne aux bergers de l’ile de tenir leurs chiens en laisse ? Il faudra que je regarde le replay. Dans la descente, récompense suprême, trois papés corses dans un village de montagne, non pas assis sur un banc mais ensemble à discuter sur le bord de la route, applaudissent (encouragent) et lancent avec l’accent du pays que l’on aimeront mieux retranscrire par écrit : « A-llez, bon courag’ « .

Enfin, le chant est souvent offert à l’être cher et si le chant est un Lamentu, a-t-on appris, c’est que l’être cher est parti. Alors autant éviter. Dans de pareilles circonstances je le reconnais, ma liberté commence là où s’arrête la sienne. Pasquale Paoli, l’enfant du pays, qui avec Rousseau avait inscrit le droit de vote des femmes dans la Constitution corse de 1755, ne me blâmerait point. Qui a dit que les Corses étaient machistes ? Ils ne sont sans doute pas non plus cyclistes.

Photo (et concert) : meridianu.com

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