Stage d’hiver

Il n’y a pas de bon mois de janvier sans stage d’hiver. C’est pourquoi ce dimanche le Team, au complet, s’était donné rendez-vous. Un peu comme le service militaire, on est passé, en matière de durée du stage, de la semaine commando à la journée d’appel et de préparation à la Défense. Cela a duré deux heures et cinquante minutes. Deux heures et cinquante minutes au cours desquelles de nombreux ateliers techniques furent organisés. Il y eut d’abord, au kilomètre 0,5, pour ce tour en vallée de Chevreuse, un parcours conçu par Jean André, au départ de Versailles, l’atelier « démarrage en côte ». Il a bouleversé des générations d’élèves automobilistes. Il a fait souffrir le pauvre cycliste que je suis. Au kilomètre 2, il y eut l’atelier « la piste cyclable nous fait traverser des trottoirs ». Au kilomètre 3, dans la première descente, un atelier encore inédit : l’atelier « crevaison ». Bon point : j’avais le matériel nécessaire. Mauvais point : je ne savais pas m’en servir. Pierre Jacky oeuvrait à la réparation les yeux fermés, presque « sans les mains ». Jean André soignait pendant ce temps-là sa nouvelle cote de popularité dans les pelotons des Yvelines (en attendant qu’ils soient fusionnés avec ceux des Hauts-de-Seine et des autres départements de la « petite couronne », qui n’est pas une expression de vélo) et adressait des « Salut » à chaque vélo qui passait. Au kilomètre 7, il y eut l’atelier « décidément ça commence bien je suis lâché ». Kilomètre 7,2, je saisis ma gourde et le nouveau produit que j’avais fait couler dedans le matin : le sirop de framboise. Si bien et si bon qu’au kilomètre 7,3 la journée enfin, pour moi, pouvait commencer. La Chevreuse (on dit rouler en Chevreuse comme on pourrait dire skier dans la poudreuse), c’est un peu de la Beauce et des bosses. Il y eut de la Beauce. Sur le plateau, exposé au vent, cela devait rouler fort pour avancer. C’était l’heure de l’atelier « relais », « sans accélérer », précisait Pierre Jacky. Il y eut aussi l’atelier « grand prix des pancartes ». Les deux leaders du Team rivalisaient de ruses pour l’emporter. Quant à moi je jouais la carte de la régularité : toujours troisième, sans exception. Il y eut enfin l’atelier « je roule en groupe pendant 4 ou 5 km avec le club de Ris-Orangis ». Protégé au fond du groupe de 15 que nous formions, même s’il fallait souvent relancer pour ne pas perdre le contact, le compteur affichait jusqu’à 40 kilomètres / heure. Seul, à deux, à trois, à quinze ou à trente, l’exercice n’est vraiment pas le même. J’ai beau le savoir maintenant, cela reste toujours aussi frappant. Après la Beauce, retour aux bosses. C’est l’atelier « je monte en solitaire ». Surprise, j’ai monté deux des trois grosses côtes avec le plateau intermédiaire. Cela est passé. Autre surprise, j’ai laissé derrière moi un, peut-être deux, cyclos. Mais je me suis fait aussi sacrément doubler. Par un papi qui ne devait pas être loin des 70 ans mais qui avait un vélo du tonnerre. C’était dans la côte de La Vacheresse, là où j’ai voulu faire le malin à sprinter une demie-pancarte de signalisation routière, sans me souvenir que je n’étais pas accrédité pour l’atelier « grand prix de la montagne ». Par une caravane pas banale ensuite, probablement celle du Tour de France 1964, dont les voitures, en moyenne, devaient dater. Par un sacré champion, entre autres et enfin, qui portait, dans l’ultime côte de la journée, un cuissard court Europcar et qui est passé si vite tandis que je roulais si lentement qu’il m’a arraché un rire joyeux malgré la fatigue et l’effort pour arriver entier. Début d’étape catastrophique, milieu honorable et fin sans trop de forces, voilà un peu le bilan de cette sortie. Après 15 jours de coupure ce fut dur, mais si bon pour la confiance (retrouvée), puisque ce fut tout de même, avec 68 km, la deuxième plus longue sortie de l’histoire de mon vélo. Restons optimistes : nous avons croisé des voitures balais au cul de pelotons de clubs. Elles ne se sont pas arrêtées en me voyant. Pas par indifférence (je ne pense pas que ce sentiment existe quand deux cyclistes se croisent). Pas non plus, ouf, grand ouf, par pitié. Evitons que cela arrive un jour par nécessité.

A Jean André, qui m’a dit « bois », quand sur la route il faisait froid.

Photo : www.lindependant.fr

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